jeudi 16 juillet 2009

Le film complet de la panique générale à Brazzaville : Interdiction de réunion, suivie d’une marche interrompue par la Force publique faisant plusieurs blessés et ...

Mis à jour le Jeudi, 16 Juillet 2009 12:07 Écrit par Talassa Jeudi, 16 Juillet 2009 12:04

http://www.talassa.org/index.php?option=com_content&view=article&id=189:le-film-complet-de-la-panique-generale-a-brazzaville-interdiction-de-reunion-suivie-dune-marche-interrompue-par-la-force-publique-faisant-plusieurs-blesses-et-&catid=34:elections

Mercredi 15 juillet 2009, il y a eu du grabuge, des tirs à l’arme automatique, des blessés, de l’agitation et surtout de l’électricité en l’air dans certains quartiers de la ville capitale en général et à Moungali et Poto-Poto en particulier. En cette période de saison séche, rien ne présageait un tel scénario en plein coeur de Brazzaville, au moment où l’on parle de plus en plus de paix et de la tranquillité des esprits!

En effet, les contradictions politiques persistantes entre le pouvoir diabolique de Mpila et le Front des partis de l’Opposition Congolaise (FPOC), l’appel au boycott, les tensions bien visibles et tous les agendas cachés des uns et des autres, n’ont cessé de ternir le climat politique au cours de ces dernières semaines.

A preuve, la fin très mouvementée de la campagne électorale, le vendredi 10 juillet dernier. Cela ne pouvait que faire réveiller certains vieux démons de triste mémoire. Qui l’aurait cru ? Le conducteur du train « Bleu » de ce 15 Juillet 2009, a été obligé de revenir à la Gare Centrale de Brazzaville, en attendant la normalisation de la situation qui commençait à s’envenimer !

Pour la petite histoire, il convient de rappeler que le dimanche soir, le Front des partis de l’opposition congolaise avait projeté d’organiser une conférence de presse, au palais du Parlement, à Brazzaville, à 14h00 en date du 15 juillet 2009.

Jusqu’à mercredi 13 h30, ce rendez-vous de l’Opposition avec ses militants en face de la presse nationale et internationale était bien assuré.

Curieusement, le jour j, peu avant 11h00, on assiste à un déploiement, autour du Palais du Parlement, d’un nombre assez impressionnant d’éléments de la Force publique à bords des pick-up communément appelés «BJ», Coaster blanche et des gros véhicules «suspects».

Quelques heures après, le nombre des éléments armés sur les lieux s’accroît. Cela commence très vite à éveiller la conscience de nombreux citoyens à qui, on interdisait curieusement l’entrée dans l’enceinte du Palais du Parlement. La tenue de cette conférence de presse devenait alors problématique et hypothétique.

Quelques instants, vers 13 heures, le Préfet du Département de Brazzaville, le Général Benoît Moundelé Ngollo entre dans la danse en appelant trois candidats afin d’apprécier le cours des évènements en raison de la publication, le jour même, dans l’après-midi, des résultats issus de l’élection présidentielle du 12 juillet 2009.

Par conséquent, la tenue de cette Conférence de presse programmée par les 6 candidats de l’opposition ayant boycotté ladite élection, ne pouvait avoir lieu. Nonobstant la demande d’une note d’interdiction de la conférence auprès du préfet de Brazzaville, rien ne fut accordé à ces derniers. Du coup, cette interdiction n’avait pas sa raison d’être puisque les actes administratifs sont toujours écrits et signés. Pire, comment expliquer que, les décideurs de Brazzaville, qui étaient au courant de cette manifestation fort longtemps se soient prononcés tardivement ? Cela, ne pouvait que susciter des sentiments de désolation et de déception auprès des leaders du Front de l’Opposition qui, en dernière instance, se sont dirigés droit au domicile de l’ancien Premier ministre, M. Ange Edouard Poungui.

Comme prévu, dans leur programme, partant du domicile de Ange Edouard Poungui, pour le rond point Moungali, de nombreux militants acquis à la cause des Opposants se mettent alors à marcher sans faire des dégats et dans la discipline.

Au même moment, près de dix véhicules stationnés précédemment au Palais du Parlement, se joignent à leur mouvement dans le but sans doute d’encadrer les marcheurs avec, en tête certains leaders bien connus de tous : le Général Emmanuel Ngouélondélé, Mathias Dzon, Ange Edouard Poungui et bien d’autres.

Cependant, à la grande surprise générale, les véhicules de la Force publique qui avaient réussi à s’éclipser en dépassant le long cortège des marcheurs, ont foncé droit sur l’avenue de la paix avant de remonter l’avenue des Trois martyrs pour le pont du centenaire afin d’empêcher la tenue sur ce lieu d’un quelconque meeting politique ou tout autre activité politique.

Un vent de panique et de désordre souffle alors sur tout le long de l’Avenue de la paix où toutes les boutiques et échoppes n’ont pas hésité de fermer les portes de leurs établissements sur instruction des hommes en arme qui sillonnaient le macadam.

Des véhicules de la Force publique sillonnent et quadrillent le secteur créant ainsi une certaine panique au sein de la population de plus en plus apeurée.

La peur se lit sur tous les visages car, à quelques heures de la publication des résultats électoraux, le désordre, les pillages et les débordements les moins souhaités étaient à éviter.

Peu avant 18 heures, les éléments de la Force publique passent à l’offensive en chargeant la foule. C’est un front qui se forme alors pour intimider et décourager les militants de l’opposition, décidés coûte que coûte à défendre leur cause et se faire entendre.

C’est dans ce cafouillage indescriptible que des bombes lacrymogènes et des coups de feu sont tirés, ici et là, pour disperser certainement les militants de l’opposition et des innoncents qui se sont retrouvés, pour certains, asphyxiés, blessés et étouffés.

Dans la foulée, plusieurs personnes ont été copieusement tabassées et extorquées de leurs argents et téléphones portables.

Surpris par notre équipe de reportage, qui suivait de près ce film en compagnie d’un colonel de la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP), le Général Ngouélondélé, décidé plus que jamais, a été vite rattrapé et ensuite embarqué à bord du véhicule du Général Ndenguet qui l’a conduit à son domicile, au quartier Poto-Poto.

En conclusion, il n’y a eu aucun mort sur les lieux, mais on n’a noté, ici et là, de nombreux blessés et quelques pertes d’objets et de matériel.

C’est au cours de cette situation assez dramatique que les reporters de France 24 et de BBC ont perdu une bonne partie de leur matériel de travail.

En attendant le recoupement des versions des uns et des autres, voilà, le récit de cet incident quelque peu banal mais qui a failli faire chambouler les choses comme un château de cartes.––

Comme quoi, la période qui vient de s’ouvrir, depuis hier, s’annonce déjà très difficile et surtout invivable pour tous les citoyens épris de démocratie, de liberté et respectueux des droits et devoirs civiques.

Car, un air insipide de dictature et quelques mauvais refrains planent, ici et maintenant, sur la tête de tous ceux qui tentent de dénoncer, ouvertement, tout le tralala électoral et toutes les manigances qui accompagnent, malheureusement, jusqu’ici, notre processus électoral esquinté et dénué.

Comme quoi, l’Opposition congolaise n’est pas encore arrivée au bout de ses peines et de ses souffrances répétées. M. Sassou a gagné soi-disant les élections à 78,61% mais comment en sa qualité de grand démocrate peut-il interdire aux gens de tenir leur conférence alors qu’ils n’ont aucune arme? Qui a commandité cet acte? Quel est cet imbécile qui ne sait pas que jamais au monde quelque soit le faible taux de participation aux élections cela n’a jamais changé la donne ? Quel est cet imbécile qui ne comprendre pas que le Congo n’a pas besoin de ce genre d’actes qui discrétident une fois de plus M. Sassou.

M. Sassou devrait se réveiller et sanctionner sévèrement les conseillers qui ont commencé à prendre ce genre d’initiatives depuis Pointe-Noire, au stade Tata Loboko en passant le boulevard des armées pendant la campagne jusqu’à hier, mercredi. Ces officiers seraient semblable à ceux qui sont partis menacés Cathérine Ninin la nuit du samedi à dimanche entre 1h et 4h du matin à l’hôtel Saphir. Nous y reviendrons dans notre prochaine édition.

Ghys Fortune DOMBE BEMBA

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Identifies-toi